Dans le Bordelais, le nombre de domaines prestigieux et de grands crus convertis au bio augmente ces derniers mois tels Château Latour et Château d'Yquem.

La conversion au bio s’intensifie auprès des domaines du Bordelais et des grands crus

Sur le marché français, le vin bio se porte bien et connaît même une belle croissance. Les consommateurs en sont de plus en plus demandeurs et dans les régions viticoles, de nombreux domaines ont entamé leur conversion, quand ils ne sont pas déjà entièrement convertis. Mais seule une semblait faire de la résistance, le Bordelais. Jusqu’à récemment du moins puisque depuis quelques mois, plusieurs grands crus et célèbres domaines ont annoncé avoir engagé des démarches pour parvenir à une viticulture biologique, voire biodynamique. Parmi eux, nous pouvons citer Château Latour qui a été certifié Ecocert France en novembre 2018, Château Palmer, Château Angélus et Château Mangot. Et d’ici quelques années, la liste devrait encore s’allonger si l’on croit les prévisions.

Une région viticole emblématique qui se convertit tardivement

En France, le vignoble de Bordeaux est l’un des plus connus et des plus cotés. Divisé en plusieurs régions viticoles, il compte de grands crus classés qui ont contribué à sa renommée. Mais, en ce qui concerne la conversion de ses domaines en bio, il accuse un certain retard par rapport à d’autres régions viticoles françaises. Ils ont mis plus de temps à changer leurs méthodes pour réduire l’utilisation d’herbicides ou insecticides chimiques notamment. Seulement, face à la pression sociétale et au marché du bio qui se développe très bien, ils sont de plus en plus nombreux à s’engager dans une production plus écologique, respectueuse de l’environnement. D’ailleurs, certains sont déjà classés bio. Mais le retard de la région n’est pas dû à la mauvaise volonté des propriétaires ou à leur manque d’intérêt pour le bio. Il s’explique notamment par le climat de la région de Bordeaux. En effet, ce dernier est peu venté et humide, et donc favorable au mildiou. Or, avec des traitements naturels, il est plus difficile de lutter contre ce champignon. Cependant, on ne peut que se réjouir de la récente conversion de prestigieux domaines, qui montrent l’exemple et qui sont la preuve que tous peuvent se convertir, même si cela prend du temps et nécessite de modifier les méthodes de travail.

Dernier exemple de mise au vert : le château d’Yquem

Il y a quelques semaines, une annonce faite au cours d’un dîner n’a pas laissé de marbre les professionnels et propriétaires dans la région de Bordeaux. Ainsi, le 13 mai dernier, lors d’un dîner de la presse organisé par le conseil des Grands Crus Classés en 1855, Bernard Arnault a annoncé conversion au bio du Château d’Yquem la (dont il est propriétaire). A ce titre, il a précisé que « ces dernières années, Yquem a franchi des étapes décisives pour parvenir à une viticulture aujourd’hui intégralement biologique, et bientôt biodynamique ». Une information confirmée par la suite au journal Sud-Ouest par Pierre Lurton, le directeur du Château d’Yquem. Cela ferait même plusieurs années que cette démarche bio a été engagée mais sans communication officielle à ce sujet. Par conséquent, l’utilisation d’herbicides et d’insecticides a été bannie depuis longtemps et une procédure est en cours pour obtenir la certification officielle. La biodynamie sera la prochaine étape. Cette annonce est donc la preuve supplémentaire de la volonté des grands crus classés de se convertir au bio et d’une prise conscience écologique dans le vignoble.

Publié le 04/06/2019 par Olivier



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